Alien 1979. Prometheus 2012. 33 ans d'écart. Une génération...
(attention, cette critique contient des "spoilers"; à ne pas lire donc si vous voulez aller voir le film l'oeil neuf...)
Déception certes, mais des scènes mémorables et une image à couper le souffle donnent aux fans une certaine nourriture. L'oeil de Ridley Scott ne lui a pas fait défaut, mais sa capacité à traduire une histoire à l'écran s'est avérée limitée.
Histoire compliquée, trop riche en thématiques métaphysico-existentialistes, qui alourdit l'oeuvre et perd le spectateur. Car c'est sans nul doute le scénario qui castre le film et l'empêche de se développer dans la simplicité qui lui manque.
Il y a du bon néanmoins. La scène "d'auto-césarienne" de Noomi Rapace restera longtemps dans les mémoires et le crash final est magnifiquement mis en scène et visuellement époustouflant.
Le casting est à la hauteur des ambitions du film, mais des rôles mal écrits renforcent ce sentiment d'indigestion tant au niveau des histoires secondaires que de la trame principale. Fassbender crève l'écran. Il campe un androïde au look arien et au flegme britannique nommé "David" (Dave...). Noomi Rapace assure comme à son habitude et les références à Sigourney Weaver sont assez claires et elles ne m’ont pas déplues. Notre chère Charlize Theron ne sert malheureusement à rien. D'ailleurs toute la corporation Weyland manque de réel implantation et de poids dans le film. Guy Pearce, au maquillage d'extrême vieillesse peu convainquant, est à l'image de sa fille jouée par Theron.
La bande son est malheureusement une des grandes faiblesses du film. En SF, cela ne pardonne pas et la comparaison avec le sequel d'origine fait très mal.
Mais l'erreur ne réside-t-elle pas dans cette comparaison légitime? Prometheus est un film de genre, mais pas du même que son illustre "parent". Comme Cameron en son temps qui choisit le film de guerre pour sa version Aliens, et ce probablement pour s'éloigner du Alien de Scott qui devenu culte en tant que film d'horreur, le Scott de 2012 nous livre un film sans réelle épouvante. SF oui, futuriste oui, visionnaire oui, suspens.... oui, mais horreur non. Il faut donc essayer de ne pas se laisser aller au jeu de la comparaison et de juger l'oeuvre seule.
Car, sauf peut-être quelques fautes de rythme, la réalisation assure. C'est bel et bien le scénario qui fait défaut. Ah Ridley... il y avait tout pour bien faire. Tout. Ou trop. Trop de budget sans aucun doute.
Mais dans tous les cas, Joke et moi avions prévu l'Islande comme prochaine destination, et après ce film et notamment sa scène de titres du début, cela devient essentiel!
Note : 7/10
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